Installés dans l'avion à 5h45 (Boeing 737-800 nouvelle génération). Vol d'environ 1H25 à 33 333 pieds. AMC Airlines. 8 issues de secours, deux à l'avant, quatre aux ailes, deux à l'arrière. 6H05, décollage pour Abou Simbel à 863 kilomètres du Caire. Nous sommes très vite au dessus des nuages. Le soleil commence à teinter l'horizon et c'est magnifique. A 6H22, nous volons à environ 755 km/h et il fait -28° dehors. 6H30, vitesse 814 km/h, température extérieure -49°. Le levée du soleil est une vraie splendeur, quelle chance d'avoir assisté à ce spectacle. 6H44, maintenant je ne peux plus regarder le soleil, il est déjà haut sur l'horizon et il est complètement aveuglant. Le vol se passe bien, pas de turbulences. On a pu choisir nos places car on n'est pas nombreux. Je suis toujours vers le hublot, Pascale a tendance à avoir le vertige et elle préfère se mettre à côté. Pour l'instant elle fait une petite sieste. On se prépare à atterrir, commencement de la descente, le désert vu d'avion est magnifique. Il est 7H14, l'arrivée était prévue à 7H30. Abou Simbel n'est qu'à 35 kilomètres du Soudan.
Dès l'atterrissage départ immédiat vers Abou Simbel (aperçu de l'avion). Visite des deux temples en commençant par le petit. Quelques précisions sur le site d'Abou Simbel, qui est situé en Nubie. La Nubie est une vaste contrée qui commence au sud d'Assouan et se termine à la jonction du nil blanc et du nil bleu, où se trouve aujourd'hui Khartoum, la capitale du Soudan. Territoire nubien à l'origine, la zone d'éléphantine et d'Assouan a été intégrée à la haute Egypte dès l'époque archaïque et la frontière entre les deux pays fut définitivement fixée à la première cataracte. Tout comme l'Egypte, divisée en haute et basse Egypte, la Nubie a été subdivisée en deux aires géographiques. Celle que les égyptiens anciens appelaient Ouaouat est comprise entre la première cataracte (juste au sud d'Assouan) et la deuxième cataracte, c'est la basse Nubie. Au sud de la deuxième cataracte commence la haute Nubie, le pays de Kouch des textes égyptiens. Les égyptiens ont toujours essayé de garder leur influence sur la Nubie, elle constituait une sorte de zone tampon le long de la frontière méridionale et elle était importante pour le commerce et les échanges culturels avec le monde africain. La région était riche en or, ivoire, pierres et bois précieux, produits exotiques, sans compter les hommes, que l'armée égyptienne enrôlait. Il y avait des échanges commerciaux mais les égyptiens avaient aussi recours à l'usage de la force.
Les deux temples d'Abou Simbel ont été creusés à même la roche, dans la montagne. D'abord, Ramses II fit bâtir les temples pour glorifier son image, cela visait à sa divinisation de son vivant. Il a tenté d'assimiler son épouse adorée, Néfertari, à la déesse Hathor d'Ibshek. Ensuite, il voulait laisser en Nubie une trace de sa grandeur et ainsi intimider les nubiens car les statues et les représentations sont destinées à le faire apparaître tel un Dieu, ainsi les témoins de sa grandeur n'oseraient pas s'attaquer à sa puissance. Le petit temple d'Abou Simbel, situé à brève distance du grand, fut consacré par Ramses II à la déesse Hathor, maîtresse d'Ibshek, une petite localité près d'Abou Simbel, et à sa grande épouse royale Néfertari, qui était sa femme préférée. C'est la première fois qu'il y a sur la façade d'un temple des statues de la reine aussi grandes que celles du roi. De part et d'autre de l'entrée sont creusées trois niches dans lesquelles sont sculptées à même le roc six statues de 10 mètres de haut, dont quatre représentent le roi et deux la reine Néfertari, sous les traits de la déesse Hathor.
Les souverains sont sculptés debout, la jambe gauche légèrement avancée, ce qui était toujours le cas dans les représentations. Chaque statue est accompagnée de celle plus petite d'un fils ou d'une fille du couple royal : les princes Rêherounemef, Amenherkhépeshef, Mériatoum, Mérirê et les princesses Henouttaoui et Méritamon. Les figures des princesses sont singulièrement plus hautes que celles des princes, serait-ce parce que le temple évoque une exaltation de la féminité ? La reine Néfertari décéda avant que la décoration du temple ne soit achevée. Les six piliers de la salle hypostyle sont ornés de sistres, l'instrument symbolique de la déesse de la Joie et de la Musique. Leurs chapiteaux représentent le visage humain de la déesse aux oreilles de vache, surmonté de sa coiffure traditionnelle. Dans le sanctuaire, la vache sacrée Hathor protège de son corps la poitrine de Ramsès. Tous les murs du temple sont décorés de motifs rituels où prédominent Hathor et Mout. Il faut quand même savoir que dans les années 60 ces deux énormes monuments que sont les Temples ont été déplacés morceau par morceau avec le concours de l'Unesco pour éviter qu'ils ne soient inondés par le lac Nasser.
Le grand temple d'Abou Simbel est comme le petit, entièrement creusé dans le roc. Les égyptiens le nommaient le temple de Ramsès-Mériamon (Ramsès aimé d'Amon). Ce grand temple de Ramsès est également dédié au dieu solaire à tête d'épervier, Ré-Horakhty, au dieu thébain Amon-Ré, et au dieu Memphite Ptah. Leurs quatre statues occupent le fond du sanctuaire. La façade du grand temple est grandiose avec ses quatre colosses de Ramsès II hauts de 20 mètres. Le roi est représenté assis sur son trône, aux flancs duquel figurent des colonnes de captifs enchaînés, nibiens et asiatiques. Large de 35 mètres et haute de 31 mètres, la façade a la forme trapézoïdale d'un pylône. Au sommet du portail, le roi rend hommage à Ré-Horakhty, dominé par la frise de la corniche où 22 cynocéphales, dressés sur leurs pattes de derrière, adorent l'astre solaire. L'intérieur, creusé à une profondeur de 47 mètres, imite le plan d'un temple traditionnel, dont la première cour est une salle hypostyle.
Le plafond est soutenu par les colosses des piliers osiriaques à l'effigie de Ramsès II, debout, les bras croisés sur la poitrine, et tenant les sceptres royaux. Les jeux d'ombres et de lumière atteignaient un point culminant deux fois l'an, aux dates des solstices, lorsque les rayons du soleil levant frappaient les statues du sanctuaire. Ce phénomène était calculé avec une telle précision que le dieu Chtonien Ptah restait dans une semi-obscurité (il représente les forces telluriques invisibles), alors que les dieux solaires étaient vivement illuminés (Amon, Ré-Horakhty et Ramsès divinisé). L'autel du sanctuaire servait de reposoir à la barque sacrée de Ré-Horakhty. Elle ne sortait du temple, portée sur épaules des prêtres avec la statue du dieu à son bord, que pour les processions solennelles. La décoration somptueuse des plafonds et des parois, similaire à celle d'autres temples, exalte particulièrement le statut divin du roi et de sa grande épopée guerrière, dont la célèbre bataille de Qadesh qui est représentée comme l'éclatante victoire de Ramsès II contre les Hittites.
13H00, arrêt au barrage d'Assouan, pose de 15 minutes. Ce barrage a été construit en supplément de l'ancien barrage d'Assouan (lui-même surélevé deux fois) qui ne donnait pas satisfaction niveau efficacité et sécurité. Il est toutefois toujours en fonctionnement et continue de produire de l'énergie hydroélectrique. Sans ce barrage, le Nil inonderait chaque été les plaines fertiles de la vallée en raison de l'affluence d'eau provenant de toute l'Afrique de l'est. Ces inondations apportaient des nutriments et des minéraux (limon) qui rendaient fertile le sol de la vallée du Nil. Mais l'augmentation de la population rendait nécessaire le contrôle des eaux pour protéger les installations agricoles. Les années de grandes crues, des récoltes entières étaient perdues, alors que les années où la crue était moindre la population souffrait de la sécheresse et de la famine. Le but de ce projet était de réguler les crues, de produire de l'électricité pour le pays et de constituer un réservoir d'eau pour l'agriculture. En 1952, le président égyptien Gamal Abdel Nasser amorça ce projet avec pour objectifs de rendre l'eau disponible tout au long de l'année, d'étendre les surfaces irriguées, d'améliorer la navigation sur le fleuve et de produire de l'électricité. Il devait également permettre d'atténuer les dégâts causés par les inondations ou les sécheresses.
Nasser demanda d'abord une aide financière et technique aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne qui, dans un premier temps, acceptèrent d'aider à sa construction, moyennant un prêt de 270 millions de $ de leur part. Mais le projet fut annulé en juillet 1956 pour des raisons encore obscures. Un contrat d'armement secret avec la Tchécoslovaquie (bloc communiste) et la reconnaissance par l'Egypte de la République populaire de Chine sont les raisons probables, avancées par les historiens. Peu après, Nasser nationalisa le Canal de Suez, dans l'objectif de financer le barrage par les frais de passage. Cet épisode donna lieu à la crise du canal de Suez, qui se termina par l'ordre de l'ONU à la France, la Grande-Bretagne et Israël, d'évacuer le territoire égyptien, et donc à la victoire de Nasser. Aussi, pour construire ce barrage, l'Egypte chercha à faire partie de la sphère d'influence soviétique et Nasser se tourna vers l'Union Soviétique, qui assuma un tiers de la construction et fournit environ 400 techniciens. L'Egypte cessa alors de faire partie des pays non alignés.
Sa construction dura onze ans et mobilisa quelques 30 000 travailleurs. Construit 6 kilomètres en amont de l'ancien barrage d'Assouan, c'est un gigantesque ouvrage de 42,7 millions de m3, long de 3600 mètres, épais de 980 mètres à sa base et 40 mètres à son sommet et haut de 111 mètres. Au maximum, 11 000 m3 d'eau peuvent passer chaque seconde au travers des vannes du barrage. De plus, en cas d'urgence, 5 000 m3 par seconde peuvent être évacués par le canal Toshka reliant le réservoir à la dépression Toshka. Le réservoir constitua le lac Nasser, long d'environ 550 kilomètres sur 10 kilomètres de large en moyenne (35 kilomètres au maximum) sur une superficie de 5 250 km2 et d'une capacité de retenue de 157 km3 d'eau. Le barrage contient douze générateurs électriques de 175 mégawatts chacun, développant une puissance totale de 2,1 gigawatts. L'exploitation électrique commença en 1967. Quand le barrage atteint pour la première fois sa production électrique maximum, il produisait alors la moitié de l'électricité égyptienne (encore 15% en 1998) et permit de relier la plupart des villages égyptiens au réseau électrique pour la première fois.
Les effets des dangereuses crues de 1964 et de 1973 et les sécheresses menaçantes de 1972/73 et 1983/84 purent être atténués. Une nouvelle industrie liée à la pêche a pu être créée autour du lac Nasser, bien que son éloignement des marchés lui pose quelques problèmes. Malgré tout cette gigantesque construction n'a pas eu que des avantages car elle a amené beaucoup de problèmes environnementaux :
Nous reprenons ensuite le bus en direction de la ville d'Assouan. On nous dépose à un débarcadère car on va prendre un bateau pour rejoindre l'hôtel Isis, qui se trouve sur une île. L'hôtel est très beau avec sa façade d'un joli rose. Cependant, je le trouve quand même beaucoup moins bien que Le Concorde et le personnel est moins aimable. En plus leur café est infect. On voulait prendre le bateau cet après-midi pour aller visiter un peu la ville mais notre guide nous a fait comprendre que c'était un peu déconseillé pour deux femmes seules d'aller à Assouan. Apparemment c'est moins sur que le Caire alors on est restées sur place a flâner. L'île est très belle et les jardins de l'hôtel sont magnifiques. Au bas de l'hôtel, il y a un petit bras du Nil qui coule. Petit détour sur internet mais nos marmots n'étaient pas connectés. Passage à la chambre pour écrire les dernières cartes postales et mettre à jour mes petites notes. Ce soir on va se coucher de bonne heure car on doit encore se lever de bonne heure demain pour une nouvelle journée en Egypte.
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